Régionales : une claque pour la droite

datePosted on 06:23, mars 15th, 2010 by Philippe MARX

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La droite subit un recul plus fort que prévu. L’abstention atteint un niveau record. La gauche enregistre une large avance. Le Front de gauche s’installe dans le paysage politique.

« Il faudra faire campagne sur mon bilan », avait enjoint Nicolas Sarkozy aux têtes de file UMP aux élections régionales, avant de battre prudemment en retraite lorsque le ciel des sondages s’est assombri. Reste que c’est bien un désaveu et une sanction que les électeurs ont signifiés lors de la dernière élection nationale du quinquennat. La droite rassemblée sous la bannière du parti présidentiel est surpassée par le PS et recueille nettement moins de 30 %. La sanction est lisible dans les votes exprimés mais elle l’est tout autant dans la hausse des abstentions, autour de 10 points supérieure aux élections de 2004. Une bonne partie de l’électorat de droite, notamment celui des milieux populaires à qui Nicolas Sarkozy avait fait miroiter des jours meilleurs, fait la grève des urnes. Il ne s’est pas encore rallié à une gauche qui ne présente pas d’alternative suffisamment solide à ses yeux, mais il ne soutient plus l’Élysée.

Là encore, le chef de l’État voit se démentir sèchement ses vantardises ou il s’attribuait le mérite d’avoir réconcilié le pays avec la politique, du fait de la bonne participation en 2007. Il est à craindre au contraire que le vendeur de mirages n’ait encore creusé le fossé entre les citoyens et le pouvoir. Que plus de la moitié des électeurs choisissent de ne pas se rendre aux urnes témoigne d’une véritable crise de confiance dans la démocratie. Mais comment pourrait-il en être autrement alors qu’avant même le scrutin François Fillon et Nicolas Sarkozy proclamaient leur intention de ne pas respecter la volonté des électeurs et de faire passer leurs contre-réformes en force ? Cette participation bien faible, si elle accuse la droite, interpelle aussi la gauche. La partie n’est pas jouée ; les salariés n’ont pas suffisamment confiance en ses projets pour se confier à elle ; ce n’est pas dans l’étalage des ambitions que l’opinion puisera des motifs de lui donner les clés du gouvernement.

Si le Parti socialiste réalise un bon score, qui le place presque à la hauteur de l’UMP, il lui faudra compter avec les autres forces de gauche pour l’emporter dans la plupart sinon toutes les régions. Encore faudra-t-il d’ailleurs que leurs électorats ne jugent pas la partie trop vite gagnée en délaissant les urnes le 21 mars. Mais c’est une tâche d’une bien plus grande ampleur qui est désormais demandée à la gauche. Dans ce cadre, le score du Front de gauche témoigne de la recherche d’une opposition combative qui conteste les choix du capitalisme. L’unité dont il témoigne a d’ailleurs été un atout… qui manque cruellement au NPA d’Olivier Besancenot, sèchement renvoyé sous la barre des 5 %. Europe Écologie reste à un niveau élevé mais inférieur à ses ambitions. Si le Modem et l’opération qui visait à injecter de la droite au cœur de la gauche ont du plomb dans l’aile, le Front national reste, hélas, à un niveau bien trop élevé. Il faut dire qu’Éric Besson et le nauséabond débat sur l’identité nationale l’ont aidé à rebondir. Il pourra se maintenir dans plusieurs régions. Le président ne peut donc même pas se targuer de réduire à la portion congrue la droite extrême. Le recaler dimanche prochain dans toutes les régions est donc le choix de la raison. La sanction à l’égard de Nicolas Sarkozy est lisible dans les votes exprimés mais elle l’est tout autant dans la hausse des abstentions.

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