Les dérives si prévisibles de l’amour de l’Avoir

datePosted on 04:21, septembre 9th, 2008 by admin

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On ne choisit plus un métier par affinités, pour s’épanouir, pour développer et nourrir une passion mais par rapport à son salaire. D’ailleurs tous les documents d’orientation des jeunes concluent par le montant du salaire initial et celui qu’on peut espérer.
Les métiers de la médecine ont donc raflé une bonne partie de la clientèle aux yeux emplis de larmes d’envie. Et c’est ainsi que vous allez chez le dentiste, qu’il vous bousille une dent et qu’il vous propose ensuite une couronne sur laquelle les prestataires se font des c…… en or. Genre le produit au départ revient à 30 euros. Dans la bouche, il vaut 700 euros ! Ou qu’on va chez le médecin qui vous rédige une ordonnance de deux pages parce qu’il combine avec le…. visiteur médical. Oui, le joli mot. Ou tout simplement qu’il vous entretient une maladie imaginaire.
La médecine à la cote rapport au métier d’avocat parce qu’elle est payée par notre service de sécurité sociale. Une bien merveilleuse invention sans doute née dans l’esprit simple d’un homme de bien et repris chaleureusement par des hommes de biens ! Les laboratoires font chou gras et toute la petite communauté de la médecine spécule sur la santé à seule fin de rendre un peu plus rondouillard le trésor amassé sur la crédulité des gens. Les gens, c’est-à-dire nous, qui n’avons plus que notre santé à entretenir pour caresser l’espoir de jours meilleurs, sommes devenus paranos à force d’être bombardés de publicité nous accusant d’imprudence. Et comme si les vendeurs de santé n’avaient pas assez d’atouts dans leur trousse pour nous faire flipper à seule fin d’augmenter la facture, les industries en collaboration avec les laboratoires ont inventé des produits qui rendent les fruits et légumes jolis et qui dévastent notre intérieur. Tout ça pourquoi, mon ami, mon amie, pour le plaisir de palper du pognon et d’avoir l’impression d’être un talentueux bonimenteur pourvu du pouvoir, agrémenté d’un droit de vie et de mort sur le peuple agrippé à sa santé comme le marin naufragé à un morceau d’épave. Et de temps en temps, l’état, la sécu et les laboratoires se mettent ensemble pour commander aux grands publicistes une campagne pour écouler les stocks de vaccins plus ou moins en bonne santé ! Des gens en meurent, d’autres attrapent de grosses maladies, mais sont perdus dans la masse de ceux qui n’ont rien.
On ne devient plus médecin pour le goût de donner vie mais pour celui de faire de la vie un produit de consommation.
On ne devient plus avocat pour défendre le gueux mais pour celui d’attraper l’affaire qui fera le plus de pub et le plus de fric, pour ce rapprocher du milieu, aussi. Mais quand on est avocat, on est aussi souvent franc-maçon, genre de sauf conduit d’immunité.
Mais de même qu’on ne devient plus ébéniste pour l’amour du bois mais pour devenir IKEA !
Et on ne construit plus de maisons pour l’amour de la pierre, pour la pérennité de l’ouvrage et le message que l’on envoie au temps, mais pour loger des pigeons qu’on espère dodus qui se feront plumer pendant trente ans et qui n’auront au final qu’un taudis planté sur des simili fondations avec plus de sable que de ciment, des murs lézardés, des portes qui n’entrent plus dans leur cadre, des robinetteries défaillantes, du carrelage gondolé qui se fissure et j’en passe. La liste des mal-façons est si longue qu’on n’y fait même plus attention.
D’ailleurs il faut dire qu’on accepte tout de nos jours, même du pain gonflé à l’air et déjà raide comme du bois à peine rentré à la maison. Et dire que le pain était notre fierté nationale ! Il y a tant et tant d’incompétence qu’on est prêt à se réjouir quand on tombe sur la perle rare, le pro qui aime son métier et qui vous bichonne la santé ou le buffet.
Tout fout le camp, mon amie, mon ami. Nos grand-parents le disaient déjà, on les croyait radoteurs, empêcheurs d’accepter le progrès, le grand sauveur de l’humanité ! Nous y voici, nous y voilà ! Et ça ne va pas aller en s’arrangeant puisqu’on ne trouvera plus désormais de plaisir à aller travailler pour seulement faire tourner la boîte, pour que les grands deviennent encore plus grands. Plus grands, plus indispensables, plus maîtres du monde. Travailler plus pour gagner moins, oui je veux bien, mais tout le monde alors !!! Qu’on ne travaille finalement plus pour gagner plus mais pour être heureux tout simplement. Et là, on verra ô miracle, les prix baisser….

C’est une idée comme une autre naaan ?
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