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L’esquive des urnes dans les quartiers populaires

datePosted on 04:56, avril 15th, 2010 by Philippe MARX
Les habitants des quartiers populaires ont-ils renoncé au vote ? Lors des dernières élections régionales, l’abstention y a atteint des sommets. Dans certaines villes, comme à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), elle a grimpé à 64,1 %. Un mois après, l’Humanité est retournée sur place pour donner la parole à ces citoyens.

Ce jeudi après-midi, la maison de quartier Floréal, située au pied des tours, au nord de Saint-Denis et en bordure du parc de La Courneuve, semble bien calme. Ici, le taux d’abstention a atteint 71,46 % au premier tour des élections régionales, 67,49 % au second. À l’entrée, deux jeunes fument une cigarette. Un peu réticents à parler du vote, Alexis et Jean-Marc finissent par se lâcher sur la situation des jeunes de la cité Floréal. Le premier, âgé de vingt ans, n’a pas voté. « Moi je suis franco-portugais. J’ai la nationalité française, mais c’est surtout que je travaillais dimanche au restaurant… » Jean-Marc, lui, s’est rendu aux urnes mais uniquement au premier tour, car dit-il, « il y avait plus de choix qu’au second. De toute façon, ils font leurs petites alliances et tout est joué d’avance ».

Dans le hall de la maison de quartier, pendant les cours de soutien scolaire dispensés par des étudiants, nous croisons le chemin de Laurence, mère de famille et présidente d’une association de danse. Laurence vit à Floréal depuis 1967. Elle y a donc passé son enfance. « Je ne suis pas allée voter parce que je travaillais. Et puis, de toute façon, ça ne change rien à nos vies. Il faut aussi prendre en compte le fait qu’il y a beaucoup d’étrangers qui ne peuvent pas voter. Pour les autres, ils sont comme moi. Ils ne voient pas l’intérêt de voter. » Pour cette habitante pourtant très investie dans la vie associative, ce désintérêt va de pair avec une dégradation constante des immeubles depuis environ six ans. « Avant dans le quartier, les gens s’engageaient dans le bénévolat. Les retraités faisaient de l’aide aux devoirs. Les enfants allaient dans les bibliothèques. Il y avait un vrai souci de la collectivité. Maintenant, c’est chacun pour soi. Même dans les quartiers, les gens sont devenus individualistes. »

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ag_forresgump54 « Faire vivre et renforcer le PCF »

Les dernières élections régionales  témoignent de la crise persistante du système politique et interrogent le Parti communiste quant à sa stratégie et son avenir.
C’est pourquoi, pour des raisons d’efficacité et de respect de la démocratie, il faut différer le congrès prévu en juin : s’il se tenait dans moins de trois mois, il ne permettrait pas aux adhérents de participer à l’indispensable débat approfondi qu’exige la situation, qu’il s’agisse des questions essentielles posées à la société ou de l’existence du Parti demain.
Nous livrons ici une première analyse qui ne pourra que s’enrichir des discussions à venir au sein du PCF.

ABSTENTION ET VOTE SANCTION
Atteignant 53,64% au premier tour (+ 20 points par rapport à 2004) et 48,8% au second tour (+ 15 points), elle traduit le fossé croissant entre la représentation politique, les institutions et le peuple et témoigne de la perte de confiance dans le politique. Elle touche toutes les catégories sociales mais plus particulièrement les catégories populaires : 62% des ouvriers se sont abstenus le 14 mars.
L’exclusion croissante des plus exploités du système politique aboutit à une confiscation de la vie politique par une minorité. L’abstention renvoie le PCF à l’affaiblissement de son lien avec le monde populaire qui représente par nature l’essentiel de son électorat.

Par ailleurs, avec 11,4%, le Front national a pu se maintenir au second tour dans 12 régions et obtenir une centaine d’élus. Il réalise ses meilleurs résultats en Paca et dans le Nord-Pas-de-Calais. Face à la crise économique et à la crise du système politique, son score confirme la permanence de ses idées et leur pouvoir de nuisance.
Ceux qui se sont mobilisés ont choisi majoritairement un vote sanction contre la droite et le gouvernement, dont le premier bénéficiaire est le Parti socialiste. Tandis qu’Europe Ecologie, sans retrouver son score des européennes, s’installe dans le paysage politique.

LES RÉSULTATS DU FRONT DE GAUCHE

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Pour que le vote blanc soit reconnu

datePosted on 05:17, mars 17th, 2010 by Philippe MARX

Aujourd’hui le vainqueur absolu de ces élections régionales, c’est bien lui, le taux d’abstention record de 53.6%, qui bat à plate couture gauche, centre, droite et extrêmes, tous partis confondus.
Et chacun d’y aller de son interprétation, « preuve que les régions ne se sont pas imposées dans le paysage politique » pour Hervé Morin, « malaise profond » pour le FN, insuffisant pour justifier d’un vote sanction contre le gouvernement pour Chantal Jouanno, Xavier Bertrand , Valérie Pecresse ou encore NKM, « réserve de voix » pour Frédéric Lefèbvre, « signe de ras le bol » pour François Bayrou, ou Chevènement, « souffrance muette » pour Noël Mamère, « insurrection civique » pour Mélenchon, « indifférence ou colère » enfin pour Hollande et sa nouvelle coiffure à la Soprano.
Même là dessus, ils ne sont pas d’accord, normal.

Les abstentionnistes, c’est qui ?

C’est elle qui ne se reconnait dans aucun parti, c’est lui, par désintérêt, ou eux, par je m’en foutisme, parce qu’ils avaient piscine, ou tout simplement parce qu’ils ont « pas eu le temps ».
Va savoir.
Pour ceux qui ne se sentent plus en phase avec leurs représentants politiques, quels qu’ils soient, pour enfin pouvoir montrer son mécontentement, son ras le bol, sa lassitude, de toutes ces politiques qui se suivent et se ressemblent, de cette politique qui semble ne diriger plus rien d’autre que quelques égos surdimenssionnés et un fossé sans cesse grandissant entre les uns, les rares, et tous les autres.
Pour tous ceux là, reste la tentation de voter dans les extrêmes ou encore plus simple, de ne pas aller aux urnes.
Imaginons, demain, une élection qui donnerait comme résultat UMP : 12% des voix, PS 12% (ne faisons pas de jaloux) et 76% de votes blancs.
Cela n’obligerait-il pas ces mêmes politiques à enfin se remettre en question, à envisager autrement LA politique ?
Pour cela, il faudrait, vœu pieux, que le vote blanc soit enfin reconnu, mais cela, il est fort à parier que les mêmes politiques ne s’y résoudront pas, cela ne serait clairement pas à leur avantage.
Certains pays ont franchi le pas, citons la Belgique, l’Espagne, la Roumanie, ou encore la Suède.

A quand la France ?

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