
Posted on 04:51, juillet 30th, 2010 by
Philippe MARX
Le gouvernement veut récupérer 300 millions d'euros en réduisant les subventions fiscales accordées aux ménages qui embauchent du personnel à domicile. Il pourrait aller beaucoup plus loin, tant cette politique est socialement injuste et inefficace.
Ce n'est pas encore machine arrière, mais un petit pas dans le bon sens. En mars 2009, le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, Laurent Wauquiez, vantait les mérites de son "plan 2 des services à la personne", dans la foulée du "plan Borloo" déclaré un grand succès en matière de création d'emploi. Ce nouveau plan créerait 100 000 emplois supplémentaires chaque année, expliquait-on à l'époque, grâce à des aides publiques encore plus généreuses. Désormais, rigueur oblige, le ministre du Budget François Baroin justifie la suppression de l'abattement de 15 points sur les exonération sociales, proposé jusqu'ici aux ménages qui embauchent du personnel à domicile.
A vrai dire, le manque à gagner pour l'Etat reste très modeste, de l'ordre de 300 millions d'euros, à comparer avec 7,8 milliards d'euros de subventions fiscales accordées en 2007. (Voir l'encadré à la fin de cet article). On aurait envie que le gouvernement aille plus loin et reconsidère sa politique de l'emploi, tant ces subventions sont non seulement socialement injustes et coûteuses : selon l'Insee, le coût fiscal des réductions d'impôt accordées aux utilisateurs de services à domicile se révèle nettement plus onéreux que ce qu'aurait été le financement direct par l'Etat des emplois créés par cette mesure. En outre, 70% des aides fiscales bénéficient au dixième le mieux loti de la population. Read the rest of this entry »